Qu’est-ce qu’un risque ?

Le risque inondation est un phénomène naturel dangereux susceptible de provoquer des pertes de vies humaines, le déplacement de populations, d’avoir un impact sur la santé humaine, les biens et les réseaux.

Une inondation peut également nuire à l’environnement et compromettre gravement le développement économique. Les inondations représentent la moitié des catastrophes des catastrophes naturelles mondiales en raison de leur fréquence.

S’il n’y avait que des champs, les conséquences des inondations seraient relativement limitées. Si une rivière déborde dans une zone désertique, il y a un bien un aléa mais pas de risque inondation. Or l’homme s’est souvent installé dans le lit majeur des fleuves et des rivières pour y implanter toutes sortes de constructions, d’équipements et d’activités économiques.

 

Le « risque inondation » se définit comme le croisement d’un aléa et d’un enjeu.

Il existe d’autres risques naturels et technologiques que le risque inondation. Pour plus d’information, consultez la page dédiée aux risques sur le site de la préfecture de la Vendée .

L'aléa

L’aléa est la manifestation d’un phénomène naturel d’occurrence et d’intensité plus ou moins forte.
La définition de l’aléa constitue la première phase de l’élaboration d’un Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI). C’est un travail en 3 volets :

  • recherche d’informations sur les crues anciennes et détermination de la ligne d’eau de l’événement de référence ;
  • topographie sur l’ensemble du terrain ;
  • cartographie des hauteurs d’eau, des vitesses et des aléas pour définir la crue de référence.
 

La finalité des études d’aléas vise à connaitre de façon détaillée le périmètre des secteurs concernés par l’inondation et l’ampleur de cette dernière (hauteurs d’eau, vitesses de montée des eaux et vitesses des écoulements).

La hauteur et la vitesse d’écoulement et de montée des eaux caractérisent l’aléa.

Exemple de carte d’aléa

Source : Artelia

Les enjeux

Les enjeux sont les personnes, les biens et les activités susceptibles d’être affectés par les inondations, ils peuvent être plus ou moins vulnérables.

L’identification des enjeux correspond à la deuxième phase de l’élaboration d’un Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI).

Cette démarche est nécessaire pour définir et cartographier l’occupation des sols sur l’ensemble de la zone inondable des communes concernées par un aléa.

Elle a pour objectifs :

  • L’identification d’un point de vue qualitatif des enjeux existants et futurs,
  • L’orientation des prescriptions réglementaires et des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde.
  • L’identification des enjeux utiles pour les collectivités et/ou les services de l’Etat dans la gestion de crise en cas d’inondation

La détermination des enjeux a été réalisée à partir :

  • d’une enquête auprès des élus de chaque commune concernée,
  • d’une visite terrain,
  • d’un examen des documents d’urbanisme existants.

Ce recensement est ensuite reporté sur une carte qui distingue zones urbaines et zones naturelles, centres urbains, etc.

 

L’identification des enjeux permet d’aboutir à une cartographie distinguant plusieurs zones.

Exemple de carte enjeu

Source : Artelia

Vivre avec le risque inondation

L’inondation est un risque durable : il n’existe pas de « risque zéro ». Mais mieux connaître, mieux alerter, mieux aménager permet de réduire fortement les dommages et de protéger les personnes. À l’échelle nationale, on estime que plus de 17 millions de personnes vivent en zone potentiellement inondable ; d’où l’importance d’une information fiable, d’outils d’alerte publics et d’une politique de prévention structurée.

Plutôt que de le subir, apprendre à vivre avec ce risque, c’est se donner les moyens de protéger nos proches, nos biens et notre avenir. Cela passe par trois grands axes :

Développer sa culture du risque

La culture du risque n’est pas une peur constante, mais une vigilance partagée. Pour qu’elle ne s’efface pas avec le temps, elle doit s’entretenir comme un réflexe citoyen.

Cela passe par l’entretien de la mémoire du risque, par exemple en mettant en avant les repères des crues passées qui matérialisent jusqu’où l’eau est montée et jusqu’où elle peut revenir. La transmission de ces informations aux jeunes générations et aux nouveaux arrivants est également importante.

Savoir s’informer sur les risques auxquels on est exposé, savoir suivre les évènements en cas d’alerte (par exemple avec le site de Vigicrues) et savoir s’y préparer sont des éléments indispensables pour compléter cette culture du risque.

Se protéger en cas d’inondation

Il existe des dispositifs concrets pour limiter les dégâts matériels et assurer votre sécurité à domicile. La protection se joue sur deux tableaux : empêcher l’eau d’entrer et limiter l’impact si elle pénètre.

Des aménagements de protection individuelle peuvent donc être envisagés et adaptés à chaque bien touché : batardeaux au niveau des accès, clapets anti-retour sur les réseaux d’eaux usées, travaux de mise hors d’eau des équipements sensibles (tableaux électriques, chaudières…), choix de matériaux résilients à l’eau (carrelage plutôt que parquet…), création de zone refuge…

Construire en s’adaptant au risque

L’urbanisme adapté ne consiste pas seulement à interdire de construire dans la zone inondable, mais à construire différemment pour ne pas aggraver le risque et faciliter le retour à la normale.

De nombreuses solutions techniques existent afin d’assurer la sécurité des biens et des personnes et veiller à la résilience de ces nouveaux aménagements. Des dispositions constructives existent et ont déjà été expérimentées sous de multiples formes en France et à l’étranger. Par exemple la transparence hydraulique permet de laisser passer l’eau sous les nouvelles constructions sans créer d’obstacle à l’écoulement. Les biens sensibles sont placés au-dessus de la crue en sécurité et sans aggraver le risque sur les autres enjeux présents dans la zone inondable.